Conférence de
Monsieur Gérard Bavay
Docteur en Histoire,
membre effectif
de la Commission Royale des Monuments,
Sites et Fouilles (Région wallonne, Belgique).
Samedi 28 novembre 2009 à 16 heures au musée,
« La voie romaine de Bavay à Tongres »,
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en clôture de l’exposition temporaire « Le forum romain,
symbole de la construction de la citoyenneté »
Présentation :
Un projet inédit anime la communauté des archéologues et des amis du patrimoine en terre wallonne (et au-delà !). Il s'agit de défendre l'inscription de la chaussée romaine de Bavay à Tongres sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Un dossier est dès à présent ouvert.
C'est dans ce cadre que se place la publication par la Maison de la Mémoire de Mons (www.mmemoire.be) d'un ouvrage rassemblant une vingtaine de regards sur ce monument exceptionnel. Toponymistes, géographes, spécialistes des littératures endogènes, des paysages et des attelages, historiens, archéologues, ingénieurs, éoliens ou simples piétons … ont croisé leurs regards et livrent une approche inédite d'un patrimoine de premier ordre. Toutes les universités ont collaboré à ce portrait. Guy Focant, photographe officiel de la Région wallonne, a livré 60 clichés d'une illustration originale qui souligne l'identité de la chaussée et de ses environnements.
Avec Bruno Merckx, j'ai eu le bonheur de coordonner cet ouvrage.
L'exposé évoquera bien sûr les fondements historiques et archéologiques du "monument". Les fouilles entreprises en divers points de la route seront évoquées et les principales découvertes balisées.
Surtout, nous envisagerons la chaussée comme un tout et sous l'angle privilégié de la réalité qu'elle représente à l'heure actuelle. Nous insisterons de cette manière sur le fait que cette route, créée de toutes pièces il y a plus de 2000 ans, continue à traverser notre quotidien, ayant survécu à toutes les décadences, à toutes les migrations et à toutes les mutations tant économiques que culturelles. Dans ses formes actuelles, elle apporte un témoignage dont les richesses nous semblent loin d'avoir été explorées dans toutes leurs dimensions.
Ainsi, la chaussée soulève des questions fondamentales sur les compétences et les savoirs mis en œuvre lors de sa création. Elle interpelle à propos de la pérennité qui fut la sienne durant les siècles troublés du moyen âge. Elle est le point de départ d'une série d'interrogations sur le présent (un bilan !) et sur l'avenir (que ferons-nous de la chaussée demain ?).
Tracée au point de rencontre des bassins de la Meuse et de l'Escaut, placée au point de convergence des paysages de la Wallonie, conservée sur la quasi totalité de son trajet et balisée de sites exemplaires, elle nous semble mériter une attention toute particulière. Enfin, tendue entre Bavay et Tongres, elle ouvre la Wallonie tant vers le monde d'hier que vers celui de demain.
Gérard Bavay