Conférence

Dimanche 11 mars 2007 7 11 /03 /2007 16:46

1 – Ce que nous en savons aujourd'hui :

http://www.bradshawfoundation.com/journey
 

2 – Comment le savons-nous?

- C'est grâce à l'archéologie que nous connaissons aussi précisément qu'il est possible les éléments matériels des hommes à cette époque. La biologie nous aide à dater et relier des espaces différents et dispersés:

Petit rappel sur le fonctionnement de la cellule humaine :

Dans la cellule, ce qui nous intéresse ce sont le noyau et les mitochondries : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cellule_%28biologie%29

- Il y a 1000 à 10 000 milliards de cellules dans le corps humain.

- Dans chaque noyau d'une cellule, il y a une molécule d'ADN qui comporte 3 milliards de paires de bases. La molécule ADN est organisée en chromosomes : 23 paires dont 22 homologues et 1 sexuel. (XX pour la femme et XY pour l'homme).

- Le chromosome Y permet de suivre la descendance mâle et les mitochondries, la descendance femelle.

- L'ADN mitochondrial (ADN mt ou mtDNA) se situe dans les mitochondries qui produisent l'énergie dans les cellules eucaryotes. Cette forme d'ADN est essentiellement transmise par la mère, ceci est lié aux proportions respectives en mitochondries des gamètes (ovule 99 % et spermatozoïde 1 %). Constitué de 16569 paires de bases, c’est un ADN très petit par rapport aux 3 milliards de paires de bases de l’ADN nucléaire des cellules humaines.

- Le chromosome Y est le plus petit des chromosomes (nombre de paires de base : 57.701.691)

- Les haplotypes(de haploïde: adaptation de l'adj. grec  « d'aspect simple »: cf. élém. formant haplo-* et -oïde*)

Un haplotype représente la moitié du génotype (l'ensemble des gènes) d'un individu, moitié provenant soit du père soit de la mère.

(http://fr.wikipedia.org/wiki/Haplotype )

A chaque transmission, il y a des mutations. Donc les deux haplotypes  de l'enfant sont  différents de ceux qui sont fournis par les parents.

Une mutation qui apparaît puis persiste s'appelle un marqueur génétique.

Par convention, on estime qu'une génération est l'équivalent de 25 ans. Depuis 50 000 ans, il y a donc eu 2000 générations.

En analysant les relations des marqueurs entre eux, il est possible de définir des générations et donc une datation approximative de l'apparition d'un marqueur.

- Les haplogroupes

http://en.wikipedia.org/wiki/Haplogroup

Un haplogroupe est donc une population dans l'haplotype de laquelle se retrouve un ensemble de marqueurs communs.

- Pour la génétique humaine, les haplogroupes qu'on étudie généralement sont des haplogroupes du chromosome Y (ADN-Y) et des haplogroupes de l'ADN mitochondrial (ADN mt). On peut employer les deux pour définir les populations génétiques. L'ADN-Y a l'avantage qu'il suit seulement la lignée patrilinéaire, alors que l'ADN mt suit seulement la lignée matrilinéaire.

- La classification des haplogroupes humains basée sur les marqueurs génétiques a rapidement évolué alors qu'on trouve des nouveaux marqueurs.

- Quelques haplogroupes Y-DNA

Groupes avant mutation de M168

 

    * Haplogroupe A (M91) (Afrique, en particulier les Khoisan, Ethiopiens, et Nilotes)

    * Haplogroupe B (M60) (Afrique, en particulier les Pygmées)

 

Groupes après mutation de M168

(cette mutation M168 est apparu vers 50,000 bp)

    * Haplogroupe C (M130) (Australie et les régions voisines, Siberie, Japon, Amérique du Nord)

    * YAP

          o Haplogroupe DE (M1, M145, M203)

                + Haplogroup D (M174) (Tibet, Japon, les iles Andaman)

                + Haplogroup E (M96) (Afrique le Moyen Orient, la Mediterranée)

                      # Haplogroup E3a (M2) (Afrique)

                      # Haplogroup E3b (M35) (Afrique de l'Est (Ethiopiens and Somaliens), Afrique du Nord (en particulier les Berbères), Le Moyen Orient, la Mediterranée (Grecs et autres)

 

3 – Le projet “Génographic”.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_g%C3%A9nographique

https://www3.nationalgeographic.com/genographic/atlas.html


4 – Des chiffres pour une histoire universelle

- Combien d’humains (espèce homo sapiens) ont vécu sur Terre depuis 50 000 ans ?

https://www.prb.org/Articles/2002/HowManyPeopleHaveEverLivedonEarth.aspx

 

- Evolution depuis l’an 0 de notre ère jusqu’à 2050.

http://www.globalchange.umich.edu/globalchange2/current/lectures/human_pop/human_pop.html
 

Conclusions.

- Sur la méthode :

Les histoires de chaque peuple mettent en valeur le génie de ce peuple mais divisent l'humanité.

Les préhistoires ne nous satisfont pas parce que le prix en argent et en temps qu'il faudrait y mettre nous interdit toute exhaustivité.

L'étude génotypique ne divise pas et peut apporter un soutien important à ces deux disciplines.

- Sur la langue des sites de références :

La plupart des documents sont américains, disponibles et pédagogiques.

L'Europe n'est pas leader sur ce dossier parce que son patrimoine historique et préhistorique est immense: on y trouve les préhominiens, l'homme de Néanderthal et les homo sapiens dès 35 000 bp

Aux USA, il n'y a d'humains qu'à partir de - 12 500 et, de plus, ceux qui dirigent le pays aujourdhui  ont commencé à affluer au XIX° siècle. C'est peut-être une explication de l'intérêt de ce pays pour l'histoire de la Terre entière.

- Conclusion finale et inattendue :

Lors de la sortie d'Afrique, nous sommes entre 10 et 50 000... chasseurs cueilleurs

Vers l”an -10 000, lors de la révolution néolithique, nous atteignons le million, puis les 300 millions, en l'an 0 de notre ère.. et nous sommes agriculteurs.

Aujourd'hui 6,5 milliards d'humains tous issus dans leurs innombrables différences de ces premiers personnages ont rempli la Terre et se retrouvent après 50 000 ans de séparation. Frères éloignés, nous devont vivre à nouveau ensemble. Souhaitons-nous bon courage!

 

Sources.

http://www.bradshawfoundation.com/

https://www3.nationalgeographic.com/genographic/atlas.html  

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil

http://en.wikipedia.org/wiki/Main_Page  

 

 

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Mercredi 2 avril 2008 3 02 /04 /2008 15:16
Atahualpa (v. 1502 - 1533) est le dernier empereur de l'empire Inca.
(http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c6/Ataw_Wallpa_portrait.jpg)





















La conférence présentée à l'occasion de l'Assemblée Générale du 29 mars 2008 est à cette adresse.
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Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /2008 21:31

Conférence de Monsieur François-Xavier Roux

de la Société Rhône Auvergne Mortiers industriels

le 21 Novembre 2008 au Musée de Bavay

 

 

            En accueillant les participants, Madame Véronique Mary, directrice du musée, signale l’installation

dans le hall d’entrée, d’un imposant et très beau chapiteau récemment restauré. Elle annonce qu’une

exposition sera consacrée en 2009 au Forum romain, en tant que symbole de la construction de la citoyenneté.

On privilégiera un angle sociologique, le Forum étant l’espace qui permet à chacun de se sentir partie

prenante de la communauté.

 

            Le Président Alain Rozié présente ensuite le conférencier Monsieur François-Xavier Roux, docteur en

 chimie, spécialiste des revêtements muraux à base de chaux teintée.

 

            L’exposé, largement illustré, s’organise en trois parties : qu’est-ce que ce matériau ? quelles

Réalisations permet-il ? la problématique du mot « stuc ».

 

            « L’avenir sera fait des éléments revisités du passé » disait Goethe. Voilà une assertion qui

s’applique parfaitement à la chaux, matériau qui a permis de longue date la réalisation de décors et qui

retrouve un bel avenir.

 

            D’emblée Monsieur Roux nous emmène voir des fours à chaux. En Europe d’abord : deux tableaux

de Sébastien Bourdon, l’un visible au musée de Valenciennes et l’autre à la pinacothèque de Munich,

 montrent  très distinctement la partie incandescente du four. Des photos d’aujourd’hui complètent notre

information :  un four à chaux rue Valette à Paris V°, dont la dernière utilisation remonte au I° ou II° siècle;

 un autre au musée Saint Raymond à Toulouse, qui a servi jusqu’au milieu du VI° siècle, l’élément de

 combustion étant des morceaux de marbres venant de la région limitrophe de l’Espagne, généralement

 des fragments de sarcophages; un autre encore en Auvergne, près d’Issoire, près du château d’Usson,

avec des pierres résistant à 900° ; un autre à Pézenas (Hérault) qui fonctionne dans le cadre de la fête

 de la chaux : la calcination se fait sous les yeux des visiteurs.

 

            Dans la région de Marrakech, on trouve des fours à chaux plus proches des fours romains qui ont

disparu en France. Là, les combustibles utilisés peuvent être divers : végétaux, voire vieux pneumatiques.

 

            Monsieur Roux nous explique ensuite le cycle de la chaux : calcination, hydratation, pétrissage,

carbonatation. Le carbonate de calcium est cuit dans un four dont la chaleur est stabilisée à 900°. Il perd

un peu en masse car du gaz carbonique est expulsé au cours de l’opération. Il en sort un oxyde de calcium,

la chaux vive, très avide d’eau. Les différents produits obtenus sont la chaux vive, la chaux hydratée,

la chaux en pâte (de très bonne conservation) et la chaux en poudre.

 

            Il existe des carrières de pierres à chaux dans la Vienne mais aussi, plus près de nous, à

Aisemont entre Dinant et Namur : la pierre y est particulièrement pure. Deux sociétés belges produisent

 de la chaux en bord de Sambre et Meuse ; elles figurent parmi les plus importants producteurs dans le

 monde.

            Les utilisations de la chaux ne se limitent pas au bâtiment et à la décoration : Solvay utilise le

 carbonate de calcium précipité comme excipient pour les médicaments, c’est sa filiale Solcal qui se charge

 de la production.

 

            François Xavier Roux nous présente ensuite de nombreuses photos de chantiers d’aujourd’hui

intégrant le travail de la chaux : en Vénétie, à Palerme, à Marrakech (où on la mélange avec du sable)

et il nous explique les différentes techniques de mise en œuvre. Les quantités utilisées peuvent être

impressionnantes, la chaux est un matériau utilisable sur toutes sortes de supports.

 

            Et le stuc ? C’est un décor en relief confectionné à l’aide d’un matériau plastique de composition

 variable travaillé par moulage ou modelage et durcissant à l’air. Ce matériau peut être de la chaux

additionnée de poudre de marbre ou de sable argileux ou siliceux. Le stuc imite la pierre et permet

la réalisation de sculptures.

 

            Nouvelle galerie de photos : les stucs de la basilique de Germigny des Prés, ceux du musée

d’Orléans, les statues en stuc de plâtre des églises de Palerme, l’incroyable église Saint Jean Népomucène

 de Munich, baroque en diable, l’escalier de la Porte des Lions du Louvre avec ses stucs de pierres

appareillées. Et des réalisations contemporaines telles que la mairie de Chauny (Aisne), des badigeons

muraux d’intérieur intégrant parfois des insertions, de coquillages par exemple.

 

            Jusqu’au VI° siècle, les stucs étaient composés de chaux et de marbre. A partir du VII° siècle,

ils intégrent du plâtre. Le terme « stucco » est à présent utilisé aux Etats-Unis, bien à tort, pour désigner

 des réalisations contemporaines. C’est un faux ami. En vérité, il faut parler de stuc quand il y a relief, et

d’enduit décoratif quand le fond est plat.

 

            La lumière revenue, un débat s’engage au cours duquel on apprend que notre ami Jacques

Telle est arrière petit fils de chaufournier et qu’une équipe, actuellement à l’œuvre sur le site de

Bavay, travaille à remaçonner des piliers avec des mortiers à la chaux ! La conférence ne pouvait

mieux tomber.



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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 08:35

 

Conférence de

Monsieur Gérard Bavay

Docteur en Histoire,

membre effectif

de la Commission Royale des Monuments,

Sites et Fouilles (Région wallonne, Belgique).


Samedi 28 novembre 2009 à 16 heures  au musée,

 

« La voie romaine de Bavay à Tongres »,

- - -

en clôture de l’exposition temporaire « Le forum romain,

symbole de la construction de la citoyenneté »

 

Présentation :

 

Un projet inédit anime la communauté des archéologues et des amis du patrimoine en terre wallonne (et au-delà !). Il s'agit de défendre l'inscription de la chaussée romaine de Bavay à Tongres sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Un dossier est dès à présent ouvert.

 

C'est dans ce cadre que se place la publication par la Maison de la Mémoire de Mons (www.mmemoire.be) d'un ouvrage rassemblant une vingtaine de regards sur ce monument exceptionnel. Toponymistes, géographes, spécialistes des littératures endogènes, des paysages et des attelages, historiens, archéologues, ingénieurs, éoliens ou simples piétons … ont croisé leurs regards et livrent une approche inédite d'un patrimoine de premier ordre. Toutes les universités ont collaboré à ce portrait. Guy Focant, photographe officiel de la Région wallonne, a livré 60 clichés d'une illustration originale qui souligne l'identité de la chaussée et de ses environnements.

 

Avec Bruno Merckx, j'ai eu le bonheur de coordonner cet ouvrage.

L'exposé évoquera bien sûr les fondements historiques et archéologiques du "monument". Les fouilles entreprises en divers points de la route seront évoquées et les principales découvertes balisées.

Surtout, nous envisagerons la chaussée comme un tout et sous l'angle privilégié de la réalité qu'elle représente à l'heure actuelle. Nous insisterons de cette manière sur le fait que cette route, créée de toutes pièces il y a plus de 2000 ans, continue à traverser notre quotidien, ayant survécu à toutes les décadences, à toutes les migrations et à toutes les mutations tant économiques que culturelles. Dans ses formes actuelles, elle apporte un témoignage dont les richesses nous semblent loin d'avoir été explorées dans toutes leurs dimensions.

Ainsi, la chaussée soulève des questions fondamentales sur les compétences et les savoirs mis en œuvre lors de sa création. Elle interpelle à propos de la pérennité qui fut la sienne durant les siècles troublés du moyen âge. Elle est le point de départ d'une série d'interrogations sur le présent (un bilan !) et sur l'avenir (que ferons-nous de la chaussée demain ?).

 

Tracée au point de rencontre des bassins de la Meuse et de l'Escaut, placée au point de convergence des paysages de la Wallonie, conservée sur la quasi totalité de son trajet et balisée de sites exemplaires, elle nous semble mériter une attention toute particulière. Enfin, tendue entre Bavay et Tongres, elle ouvre la Wallonie tant vers le monde d'hier que vers celui de demain.

 

Gérard Bavay

 

 

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Conférence au musée/site archéologique départemental à Bavay :

la voie romaine de Bavay à Tongres mise à l’honneur

La voie romaine de Bavay à Tongres, aussi appelée chaussée Brunehaut, est un héritage essentiel de la culture romaine dans le Nord de la France et en Belgique. Alors que son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco est à l’étude, Gérard Bavay tiendra une conférence sur ce sujet au musée/site archéologique départemental à Bavay, le 28 novembre 2009 à 16h00.

 

Docteur en Histoire, membre effectif de la Commission Royale des Monuments, Site et Fouilles (Région wallonne, Belgique), ce spécialiste de la chaussée Brunehaut viendra brosser un portrait de ces 145 kilomètres d’histoire. Une histoire bien vivante pour les milliers d’automobilistes, de cyclistes et de piétons qui empruntent quotidiennement ce trajet. Certes, le macadam a remplacé la pierre, mais la pérennité de cette construction vieille de 2000 ans a de quoi frapper les esprits !

 

Une histoire passionnante à découvrir ou redécouvrir grâce à cette conférence « Archéologie et territoires : la chaussée de Bavay à Tongres » qui s’adresse à tous. Un évènement organisé par l’association des « Amis du musée et du site de Bavay ». Entrée gratuite.

                                                                                                                                                       

Le musée/site archéologique départemental à Bavay est situé au cœur de la ville actuelle de Bavay, face à l’église. Bavay – Lille : 45 min / Bavay – Maubeuge : 15 min / Bavay – Valenciennes : 20 min

Ouvert tous les jours, sauf le mardi.

Horaires (du 1er octobre au 31 mars) : 9h00-12h00 / 14h-17h30 en semaine ; 10h30-12h30 / 14h00-18h00 le week-end

Renseignements au + 33(0)3 27 63 13 95 – museebavay@cg59.fr

Musée/site archéologique départemental à Bavay – Allée Chanoine Biévelet / 59570 BAVAY - FRANCE

 

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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 15:17


Samedi 28 novembre 2009 à 16 heures  au musée,

- - -


Ceci n’est pas un compte-rendu.

Ce ne sera pas un compte rendu exact car cela favoriserait les personnes qui n’ont pas pu venir – ils n’y sont probablement pour rien – mais qui pensent qu’un texte peut remplacer tout le plaisir que nous avons eu à voir et entendre Gérard Bavay. D’ailleurs sans pousser à la consommation, nous conseillons la lecture du livre qui comporte des textes d’experts nombreux et des photos de Guy Focant qui nous montrent que même en noir et blanc notre région du Sud de la Belgique et du Nord de la France est décidément bien attrayante.

 

Passons donc aux conclusions.

1) De Bavay à Maastricht, donc jusqu’à la Meuse, il y a une chaîne de crêtes continue, celle qui séparent les deux bassins fluviaux de l’Escaut et de la Meuse. La ligne de partage d'eau entre les deux bassins constitue

une ligne (et une seule) que ne traverse aucun cours d'eau. C’est cet axe qu’emprunte la chaussée romaine de Bavay à Tongres. Ce n’est pas tout à fait une ligne droite mais elle y tend.

2) Dans l’Antiquité (et pour ce qui concerne nos régions pas encore vraiment urbanisées), on ne construit pas une route d’une ville à une autre. On emprunte une voie qui va de l’avant, vers un fleuve, vers une mer ou vers une contrée (la Manche, le Rhin ...). Le village ( le vicus ) apparaît ensuite le long de celle-ci.

3) Les Romains se sont débrouillés sans carte. Ils ont donc très probablement profité, en partie tout au moins, des acquis antérieurs. Ils possédaient également des modes d'approche que nous ne privilégions plus aujourd'hui : orientation ou paysage.  Jusqu’à la ferme de Penteville, il y a à partir de Bavay une ligne droite de 75 km. L'approche de la trace archéologique complexe que constitue la chaussée permet de formuler des
hypothèses du type : (1) bien avant l’arrivée des Romains, la crête entre les deux bassins est déjà connue et utilisée, (2) pour des chariots sans train avant articulé, la droite est toujours préférable (car il est préférable d’éviter les virages). Reste la question : quels instruments ont permis d’atteindre cette perfection ?

4) La chaussée est restée en fonction pendant plus de 2000 ans car au bout de 50 ans d’inutilisation elle aurait disparu du territoire. C'est d'ailleurs ce qui se passe pour toute une série de tronçons dans la moitié septentrionale de la Belgique. Notre mémoire nous a, en plus, joué un mauvais tour puisqu’à partir du X° siècle, on donna à la route antique le nom de chaussée Brunehaut, chaussée parce qu’elle reposait sur des talus à la manière de ceux utilisés pour les barrages des moulins (et que l'on renforçait avec de la chaux) et Brunehaut pour une raison inconnue et du nom d’une princesse wisigothe mariée au roi d’Austrasie, Sigebert 1°, en 566.


Il reste un projet.

Gérard Bavay fédère aujourd’hui des bonnes volontés qui souhaitent remettre la chaussée romaine en évidence. Elle était faite pour des piétons. N’est-ce pas une bonne idée ?
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