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site destiné à offrir des informations nouvelles trouvées dans Internet aux amis du musée et site de Bavay - 59

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François Xavier Roux

Conférence de Monsieur François-Xavier Roux

de la Société Rhône Auvergne Mortiers industriels

le 21 Novembre 2008 au Musée de Bavay

 

 

            En accueillant les participants, Madame Véronique Mary, directrice du musée, signale l’installation

dans le hall d’entrée, d’un imposant et très beau chapiteau récemment restauré. Elle annonce qu’une

exposition sera consacrée en 2009 au Forum romain, en tant que symbole de la construction de la citoyenneté.

On privilégiera un angle sociologique, le Forum étant l’espace qui permet à chacun de se sentir partie

prenante de la communauté.

 

            Le Président Alain Rozié présente ensuite le conférencier Monsieur François-Xavier Roux, docteur en

 chimie, spécialiste des revêtements muraux à base de chaux teintée.

 

            L’exposé, largement illustré, s’organise en trois parties : qu’est-ce que ce matériau ? quelles

Réalisations permet-il ? la problématique du mot « stuc ».

 

            « L’avenir sera fait des éléments revisités du passé » disait Goethe. Voilà une assertion qui

s’applique parfaitement à la chaux, matériau qui a permis de longue date la réalisation de décors et qui

retrouve un bel avenir.

 

            D’emblée Monsieur Roux nous emmène voir des fours à chaux. En Europe d’abord : deux tableaux

de Sébastien Bourdon, l’un visible au musée de Valenciennes et l’autre à la pinacothèque de Munich,

 montrent  très distinctement la partie incandescente du four. Des photos d’aujourd’hui complètent notre

information :  un four à chaux rue Valette à Paris V°, dont la dernière utilisation remonte au I° ou II° siècle;

 un autre au musée Saint Raymond à Toulouse, qui a servi jusqu’au milieu du VI° siècle, l’élément de

 combustion étant des morceaux de marbres venant de la région limitrophe de l’Espagne, généralement

 des fragments de sarcophages; un autre encore en Auvergne, près d’Issoire, près du château d’Usson,

avec des pierres résistant à 900° ; un autre à Pézenas (Hérault) qui fonctionne dans le cadre de la fête

 de la chaux : la calcination se fait sous les yeux des visiteurs.

 

            Dans la région de Marrakech, on trouve des fours à chaux plus proches des fours romains qui ont

disparu en France. Là, les combustibles utilisés peuvent être divers : végétaux, voire vieux pneumatiques.

 

            Monsieur Roux nous explique ensuite le cycle de la chaux : calcination, hydratation, pétrissage,

carbonatation. Le carbonate de calcium est cuit dans un four dont la chaleur est stabilisée à 900°. Il perd

un peu en masse car du gaz carbonique est expulsé au cours de l’opération. Il en sort un oxyde de calcium,

la chaux vive, très avide d’eau. Les différents produits obtenus sont la chaux vive, la chaux hydratée,

la chaux en pâte (de très bonne conservation) et la chaux en poudre.

 

            Il existe des carrières de pierres à chaux dans la Vienne mais aussi, plus près de nous, à

Aisemont entre Dinant et Namur : la pierre y est particulièrement pure. Deux sociétés belges produisent

 de la chaux en bord de Sambre et Meuse ; elles figurent parmi les plus importants producteurs dans le

 monde.

            Les utilisations de la chaux ne se limitent pas au bâtiment et à la décoration : Solvay utilise le

 carbonate de calcium précipité comme excipient pour les médicaments, c’est sa filiale Solcal qui se charge

 de la production.

 

            François Xavier Roux nous présente ensuite de nombreuses photos de chantiers d’aujourd’hui

intégrant le travail de la chaux : en Vénétie, à Palerme, à Marrakech (où on la mélange avec du sable)

et il nous explique les différentes techniques de mise en œuvre. Les quantités utilisées peuvent être

impressionnantes, la chaux est un matériau utilisable sur toutes sortes de supports.

 

            Et le stuc ? C’est un décor en relief confectionné à l’aide d’un matériau plastique de composition

 variable travaillé par moulage ou modelage et durcissant à l’air. Ce matériau peut être de la chaux

additionnée de poudre de marbre ou de sable argileux ou siliceux. Le stuc imite la pierre et permet

la réalisation de sculptures.

 

            Nouvelle galerie de photos : les stucs de la basilique de Germigny des Prés, ceux du musée

d’Orléans, les statues en stuc de plâtre des églises de Palerme, l’incroyable église Saint Jean Népomucène

 de Munich, baroque en diable, l’escalier de la Porte des Lions du Louvre avec ses stucs de pierres

appareillées. Et des réalisations contemporaines telles que la mairie de Chauny (Aisne), des badigeons

muraux d’intérieur intégrant parfois des insertions, de coquillages par exemple.

 

            Jusqu’au VI° siècle, les stucs étaient composés de chaux et de marbre. A partir du VII° siècle,

ils intégrent du plâtre. Le terme « stucco » est à présent utilisé aux Etats-Unis, bien à tort, pour désigner

 des réalisations contemporaines. C’est un faux ami. En vérité, il faut parler de stuc quand il y a relief, et

d’enduit décoratif quand le fond est plat.

 

            La lumière revenue, un débat s’engage au cours duquel on apprend que notre ami Jacques

Telle est arrière petit fils de chaufournier et qu’une équipe, actuellement à l’œuvre sur le site de

Bavay, travaille à remaçonner des piliers avec des mortiers à la chaux ! La conférence ne pouvait

mieux tomber.



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