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Conférence de Madame Evelyne Gillet,
chercheur au CreA (Centre de recherches archéologiques de l’ULB)
et
responsable administrative et scientifique à l’Archéosite d’Aubechies.
A Blicquy, non loin d’Ath, des archéologues ont mis au jour un sanctuaire gallo-romain et un théâtre romain. Un site remarquable, voire unique en Belgique.
«Le sanctuaire de Blicquy est un rare exemple de complexe religieux mis au jour en Belgique jusqu’à présent. Son intérêt scientifique est ce caractère unique, novateur : il nous permet de mieux connaître le monde religieux et les rituels antiques, sujet sur lequel nous possédons encore peu d’informations, contrairement à d’autres types de vestiges romains mieux connus comme les agglomérations, les nécropoles, les villas romaines, par exemple» (EB)
Autre intérêt du site : sa longue occupation. Les Romains ne sont en effet pas les seuls à avoir investi l’endroit. Avant eux, il y eut les Gaulois comme en témoignent les vestiges mis au jour : dépôt sacrificiel humain accompagné de monnaies gauloises, diverses pièces d’équipement militaire telles qu’épées, fers de lance, haches, éléments d’harnachement de chevaux et de chars, etc. ont été découvertes. Ce sont là autant de traces de rituels d’offrandes datant du 1er siècle av. JC.
Des traces, des vestiges, les archéologues en ont découverts d’époques encore antérieures : le site de Blicquy était déjà occupé pour une nécropole de l’Age du Bronze. A l’époque du Néolithique ancien, soit 5000 ans av. JC, le site était également occupé par une implantation agraire. Bien plus près de chez nous, après l’époque romaine, le site accueillera une nécropole mérovingienne et enfin une nécropole carolingienne.
«Cette continuité d’occupation est surprenante, d’autant que ce site était isolé : il est situé à plus de 2,5 kilomètres de la chaussée romaine. Ce lieu de pèlerinage devait être très fréquenté : le théâtre pouvait accueillir près de 5000 spectateurs. On remarque qu’aux 2e et 3e siècles, de nombreux artisans s’installent autour du sanctuaire : des ateliers de poterie, des bronziers, etc. fabriquent des objets pour le sanctuaire. On note à l’époque une véritable vie économique autour du sanctuaire : on peut parler de tourisme religieux, un peu comme Lourdes aujourd’hui» (EB)